Épigénétique, redécouvrons la magie de l’instant

par | 9 juillet 2020 | Zoom

Même si Aristote invente le terme « épigenèse » vers 350 avant notre ère, indiquant que « les formes ne préexistent pas dans le germe », le terme d’épigénétique apparaît pour la première fois en 1942 par l’anglais Conrad Waddington. Mais les développements majeurs de la science à ce sujet sont relativement récents, depuis une quinzaine d’années.

Après consultation de WIKIPEDIA avec moult termes scientifiques spécialisés, j’ai eu une intuition m’amenant vers une réflexion d’ordre philosophique et c’est vers cela que je tenterai d’arriver après avoir défini de manière accessible le sujet sur un plan biologique.

a) Définition

Du Grec épi, « au-dessus » et génétique (genno, « donner naissance »), science qui étudie l’hérédité, « l’épigénétique est l’étude des changements d’activité des gènes – donc des changements de caractères – qui sont transmis au fil des divisions cellulaires ou des générations sans faire appel à des mutations de l’ADN » (Vincent Colot, spécialiste de l’épigénétique des végétaux à l’Institut de biologie de l’Ecole normale supérieure) [1].

L’épigénétique parle donc d’une « couche » d’informations complémentaires qui caractérise la variation de l’expression du gène.

b) Processus

Bien que l’épigénétique puisse s’observer dans tout organisme vivant, je vais partir de l’homme pour en décrire le processus.

L’homme contient 80 Mds de cellules, chacune contenant une macromolécule d’ADN formant 23 paires de chromosomes, l’ensemble de l’ADN de chaque cellule, déroulé, représente une longueur d’environ 2 mètres[2]. Il y a plus de 200 types de cellules différentes dans le corps humain (musculaires, sanguines, neuronales, hépatiques, …). L’ADN est séquencé en à peu près 25 000 portions appelées « gènes » et qui ont chacun une fonction bien précise, même si 15% seulement du codage humain sert à faire fonctionner la cellule vivante. Mais alors pourquoi toutes les cellules ne fonctionnent-elles pas de la même façon puisqu’elles ont la même information ?

Premièrement, chaque type de cellule se sert dans la chaîne ADN uniquement de l’information utile à sa fonction.

Deuxièmement, les 85% restant de l’ADN[3] sert à la régulation du fonctionnement des gènes via la fabrication de molécules d’ARN[4] qui vont circuler dans le corps pour transporter une information codante vers les gènes d’autres cellules, en fonction de notre comportement quotidien.

Et en fonction de ce comportement, les modifications chimiques à l’œuvre peuvent mettre les gènes dans différents états, produisant des effets variables sur l’organisme. Une sorte de recodage instantané par activation ou non des gènes, avec même parfois plusieurs possibilités d’expression du gène, avec des effets durables ou non et en règle générale réversibles.

Ce processus se produisant au fil des divisions cellulaires, il intervient plus intensément durant la croissance du corps humain, mais il continue tout au long de la vie.

Exemple des abeilles qui deviennent des ouvrières ou des reines suivant que les larves ingurgitent ou non de la gelée royale.

Quelles implications pour les spécialistes ?

a) Pour Joël de Rosnay[5]

Les gènes fonctionneront différemment en fonction :

– de notre alimentation,

– de notre activité physique,

– de notre gestion du stress,

– du plaisir dans notre vie,

– de la qualité de nos réseaux sociaux et familiaux.

b) Pour Jonathan Weitzman[6],

Ces mécanismes pourraient offrir des opportunités d’évolution de l’homme face à son environnement, en testant l’activation de certains gènes, sans modifier définitivement son ADN[7]. Donc avec des possibilités de réversibilité pour les expériences non concluantes.

c) Pour la plupart des scientifiques

L’épigénétique va surtout apporter des opportunités médicales de prévention de certaines maladies (cancers, Alzheimer, Parkinson, obésité, diabète de type 2, …)[8], voire amener des solutions thérapeutiques avec des « épidrogues ».

« … notre état de conscience peut changer en un instant notre état mental et biologique … »

J’ajouterai quelques points aux préconisations de Joël de Rosnay : le « carpe diem » qu’on peut entre autres atteindre grâce à la méditation, c’est à dire une conscience vigilante de chaque instant. Ou la prise de conscience d’une nouvelle vérité, nous permettant d’interpréter différemment la réalité.

En effet, l’épigénétique nous dit finalement que rien n’est totalement déterminé même si l’ensemble des informations disponibles de la chaîne ADN forme un cadre général et unique pour chaque individu. Et il nous est proposé une multitude de possibilité de changements par nos pratiques et notre état de conscience dans ce champ de programmation biologique qu’est l’ADN.

Je ressens depuis longtemps que le monde est en nous. C’est-à-dire que notre état de conscience peut changer en un instant notre état mental et biologique, avec des répercussions sur notre environnement.

D’où l’extrême importance de vivre le plus consciemment possible l’instant présent ou tout est contenu, l’expérience passée et l’expérience future car dans le choix conscient de chaque instant successif de notre vie, nous pouvons modifier de nombreuses chaines de notre passé et par conséquent de notre futur, à la fois intérieurement (épigénétiquement) mais également extérieurement par ce que nous dégageons vibratoirement et qui serait à rapprocher de la mécanique quantique qui fera sans doute l’objet d’un futur post.

La science a toujours un temps de retard, elle ne fait qu’expliquer des mécanismes qui peuvent être compris intuitivement …

Effectivement, la science avance par étape pour appréhender l’environnement qu’elle étudie alors que l’infini de l’univers ou des multivers est contenu dans chaque instant.

La science s’inscrit dans le temps et dans l’espace, dans le monde des formes mais elle ne capte pas « l’esprit ». Et il semble bien que les phénomènes physiques ne soient somme toute qu’une résultante et non une cause.

Si les connaissances portées par l’épigénétique ouvrent de nouveaux possibles à l’être humain pour améliorer sa condition de vie, elles nous rappellent combien complexe et infinie est la compréhension de l’univers, redonnant un peu de magie au vécu quotidien et à notre légende personnelle.

Aucune voie ne permet mieux d’appréhender la vie que l’état avec lequel nous parcourons notre chemin.

[1] Le Monde.fr – L’épigénétique, l’hérédité au-delà de l’ADN (https://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/04/13/l-epigenetique-une-heredite-sans-adn_1684720_1650684.html) [2] Science Junior – A la découverte de l’ADN (http://sciencejunior.fr/biologie/a-la-decouverte-de-ladn) [3] ADN : Acide Désoxyribonucléique [4] ARN : Acide Ribonucléique [5] Docteur ès Sciences, Directeur de la Prospective et de l’Évaluation des Sciences et de l’Industrie de la Villette [6] Directeur du Centre épigénétique et destin cellulaire de l’Université Paris-Diderot-CNRS [7] Le Monde.fr – L’épigénétique, l’hérédité au-delà de l’ADN (https://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/04/13/l-epigenetique-une-heredite-sans-adn_1684720_1650684.html) [8] Inserm – Épigénétique, un génome plein de possibilité ! (https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/epigenetique)

Article rédigé par

Xavier Sylvestre

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