Du sens et de la direction

par | 14 novembre 2022 | Zoom

Vous ne vous êtes jamais dit quand ça va bien, que « ça roule », que « c’est fluide ».

En entreprise, c’est quoi la fluidité ?

Il semble que la fluidité soit présente quand l’entreprise est bien structurée, c’est-à-dire que le cadre d’intervention de chacun sert avant tout de fil rouge dans toutes les dimensions de l’entreprise et non de segmentation qui au contraire distancie les entités.

Des limites qui servent de références et non de barrières pour pouvoir agir avec le plus d’autonomie possible et gagner en efficience.

La communication de l’entreprise pourrait ressembler à un réseau neuronal.

L’information doit pouvoir circuler dans toutes les directions (commerciale, technique, administrative, ressources humaines, informatique …) pour développer la stratégie définie par le Conseil d’Administration  dans le sens de la mission de l’entreprise.

Quelle direction pour porter le sens de la mission ?

L’entreprise a donc un sens à promouvoir et respecter, afin que l’ensemble des parties qui s’y investissent puissent s’y retrouver. Et la Direction est garante du sens.

Le sens du projet collectif permet aux parties de cheminer individuellement. Et plus ils cheminent, plus ils contribuent à la réussite du projet.

Le sens du projet et la stratégie définie et mise en œuvre par la Direction doivent donc faire sens également pour les individus pour suivre avec engagement cette direction.

A défaut d’alignement des différentes parties et dimensions de l’entreprise sur ce sens, le désordre s’installe, fragmente le réseau et la circulation de l’information, l’entreprise perdant de sa fluidité avec un risque de velléité autoritaire et de suppression des symptômes apparents pour garder l’illusion du contrôle et se rassurer.

D’où provient ce désalignement ?

Il semble qu’il s’installe souvent naturellement et sans qu’on y prenne garde, avec la croissance de l’entreprise, d’autant plus quand elle est externe (dilution de la culture d’entreprise), avec la spécialisation des services et des postes pour répondre à la complexité des missions du fait des contraintes des marchés et de la réglementation.

Il est important de noter que le sens de la mission de l’entreprise peut attirer certains individus et en repousser d’autres, ce qui n’est pas un problème en soi. Le problème serait de laisser le sens de la mission se dégrader, s’estomper jusqu’à le rendre illisible ou vouloir le travestir pour le rendre plus vendeur. Ce qui aurait pour conséquences d’attirer les mauvaises personnes et/ou de démotiver les talents déjà présents.

Ce qu’on peut observer, c’est que moins les dimensions de l’entreprise (stratégique, politique, opérationnelle, culturelle, image externe …) sont alignées sur le sens de la mission, plus l’implication et la confiance s’effritent et poussent certains individus à quitter l’entreprise, pas forcément les moins compétents …

Ce qui permet d’aligner les dimensions, c’est essentiellement une communication de qualité, c’est-à-dire tout à la fois :

  • Une information sincère et conforme au sens poursuivi par l’entreprise pour attirer les bonnes personnes et motiver les talents.
  • Une fluidité omnidirectionnelle de l’information pour amener de la cohésion entre les individus et les services.
  • Une information ciblée, précise et délivrée dans le bon timing pour ne pas se diluer et encombrer le réseau.

Car quand on réfléchi à sa racine, communication signifie avant tout « rendre commun », un message, une expérience, un projet, … un sens. D’où la nécessité de travailler sur l’émission, le traitement et la réception de l’information afin de réaliser cet objectif qu’est la communication et favoriser l’entente plutôt que la distanciation et le désengagement.

Il est évident que la taille de l’entreprise rend la communication plus complexe mais les mécanismes restent les mêmes et une communication peut être dégradée dans une TPE.

Si cette communication se gère effectivement dans de multiples dimensions, marketing, informatique, commerciale, …, la dimension relationnelle humainement parlant est bien la plus complexe à maîtriser et les bonnes intentions ne suffisent pas à la rendre efficiente.

Après un constat de désordre, il est essentiel de repenser l’organisation et le management en profondeur pour redonner le sens de la marche de l’entreprise.

Un spécialiste en relations humaines, permet de :

  • Constater, diagnostiquer et proposer des pistes pour améliorer la communication au service du sens de l’entreprise ;
  • Accompagner l’entreprise plus ou moins durablement dans la mise en œuvre de cette communication. Avec une posture indépendante, une délégation non pas d’autorité mais d’animation et de créativité, en agissant dans toutes les dimensions et toutes les directions de l’entreprise, afin de connecter ou reconnecter l’ensemble des parties au réseau, d’améliorer le débit en termes de qualité et quantité grâce au potentiel humain de l’entreprise.

L’intervenant n’a pas besoin de maîtriser l’ensemble des connaissances techniques qui font le savoir-faire de l’entreprise mais de comprendre les processus et les flux d’information entre les parties prenantes.

Son rôle est essentiellement d’arriver à connecter des intelligences individuelles porteuses des compétences de l’entreprise au service de la stratégie de l’entreprise, en accord avec le sens donné.

Les dirigeants pensent souvent pouvoir tenir ce rôle et ils y arrivent parfois.

Néanmoins, un spécialiste en relations humaines qui a pu capter ce que la direction n’avait pas perçu, peut agir en tant qu’interface plus subtilement et avec le recul nécessaire.

Les dirigeants n’ont pas non plus toujours le temps disponible pour ce type de mission.

Savoir déléguer ce type de mission qui va opérer dans les 3 dimensions, verticales, horizontales et transversales est une opportunité pour reconstruire un projet durable au sein d’une entreprise en tension.

Cela se pratique déjà en gestion de projet avec la méthode AGILE et le rôle du SCRUM MASTER.

En envisageant la mission de l’entreprise en mode projet … le sens n’en serait-il pas renforcé ?

Article rédigé par

Xavier Sylvestre

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